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Etat d 'Urgence ?

Publié le 5 février 2016

Le préfet du Tarn et l’état d’urgence : "les perquisitions n'ont pas été un coup d’épée dans l’eau, la priorité 2016 est de prévenir la radicalisation"

Le 2 février lors de sa présentation à la presse du bilan de la sécurité dans le Tarn en 2015, Thierry Gentilhomme, le préfet, est revenu sur les actions menées dans le cadre de l’état d’urgence et a indiqué qu’une priorité en 2016 sera de prévenir et lutter contre la radicalisation. Verbatim.

Les actions menées dans le cadre de l’état d’urgence fin 2015 n’ont pas été "un coup d’épée dans l’eau"

Thierry Gentilhomme présente le bilan suivant des actions menées depuis les attaques du 13 novembre à Paris dans le cadre de l’Etat d’urgence :

  • "43 perquisitions administratives ont été réalisées en 2015, aucune depuis le début de l’année 2016"
  • "Deux assignations à résidence ont eu lieu"
  • "Les perquisitions ont conduit à deux interpellations, quatre armes saisies, la saisie d’argent liquide, la saisie de stupéfiants"
  • "Nous avons pu corroborer des renseignements, ça n’a pas été un coup d’épée dans l’eau, les services de renseignements font leur miel des informations obtenues, cela alimente leurs connaissances, leur permet d’affiner les dispositifs de surveillance, de lutte, et de prévention."
  • (Expliquant pourquoi il n’y a pas eu de nouvelle perquisition depuis début 2016) : "On a agi vite, de manière ordonnée et on est arrivé à peu près à ce qu’on voulait faire. Pour l’instant on a atteint nos objectifs. L’heure reste à la vigilance".
"On s’étonne que le phénomène de radicalisation soit là, dans le Tarn, mais nous somme près de Toulouse"

Relancé sur le fait que 43 perquisitions, cela fait un total élevé (proportionnellement à la taille du département) :

"Chaque fois on me pose la question, on est étonné qu’il se passe des choses dans le Tarn. Eh bien, il s’en passe. Le phénomène de radicalisation est là, on n’est pas loin de Toulouse, on est sur des territoires préservés parce que plus ruraux mais on n’est pas loin de la métropole"

"L’état d’urgence donne des pouvoirs accrus au préfet, mais avec la justice il y a un dialogue"

Invité à commenter l’inquiétude qui gagne le monde judiciaire alors que l’état d’urgence donne des pouvoirs supplémentaires au préfet, Thierry Gentilhomme indique :

  • L’état d’urgence "est un dispositif exceptionnel qui donne effectivement des pouvoirs accrus au préfet notamment en matière de réglementation des déplacements, d’assignations à résidence et de perquisition mais cela correspond à une situation exceptionnelle"
  • "Il est établi par une loi, le cadre est donc complètement légal, il est arrêté par le législateur, réévalué par lui, et un préfet c’est fait pour appliquer la loi, donc je n’ai pas d’état d’âme particulier"
  • "La justice est toujours en lien, on travaille en permanence avec les procureurs sur le sujet, ils sont forcément au courant des perquisitions administratives, on leur en parle avant, il y a un dialogue. Tout d’un coup, l’autorité préfectorale ne s’est pas érigée en autonomie et en pleine indépendance, non, on travaille ensemble, simplement on a un pouvoir d’initiative."
Un groupe de travail restreint a été mis en place pour prévenir la radicalisation

A propos des moyens mis en œuvre pour prévenir la radicalisation, Astrid Jeffrault, directrice de cabinet du Préfet, précise :

  • "avant de parler de déradicalisation, il s’agit bien de mener une action de prévention de la radicalisation. Comme désormais on a une connaissance un peu plus fine du milieu, des objectifs, cela nous permet d’étudier dans des instances restreintes des cas, souvent de mineurs, identifiés comme ayant approché la thématique de la radicalisation à des degrés plus ou moins importants"
  • "ces instances restreintes c’est un groupe de travail constitué des différents services de l’Etat, le SPIP, la Protection judiciaire de la jeunesse, avec également comme partenaire l’Education Nationale, la Caisse d’allocations familiales, les services sociaux du Conseil départemental et les services de renseignement"
  • "dans ce groupe de travail, on échange toutes nos informations, on met tout sur la table et on essaie de voir comment on va traiter soit avec des éducateurs spécialisés qui vont approcher ces jeunes et leurs familles, soit avec des associations que l’on finance, telle Réseau Ados 81, qui vont faire du travail d’accompagnement de ces jeunes"
  • "cette action de prévention, c’est le préalable. Après, la déradicalisation en tant que telle c’est pour le moment un peu compliqué puisque c’est un sujet récent, notre travail d’investigation et de collationnement des informations il est effectué réellement depuis l’été dernier et on n’a pas de structure en tant que telle qui travaille sur la déradicalisation. On est sur la prévention, la bonne connaissance du milieu et le suivi des personnes qui sont un peu plus durement radicalisés".

Thierry Tchukriel