Il y a aussi Apache, 39 ans, originaire de Seine-Saint-Denis, il s'est abimé le dos après 15 ans de travail comme déménageur et dans le bâtiment. à Albi il a un fils de trois ans, dans son appartement, avec la maman dont il est séparé. Lui est dehors. Il a déposé un dossier au CCAS et espère trouver un toit à lui. «Pour pouvoir recevoir mon fils et pour me rééquilibrer la tête» dit-il. Ces trois-là ne demandent ni un hébergement d'urgence, ni une place en foyer. Antoine ne dit rien; Sacha veut continuer sa route, Apache retrouver ses marques.
«Il n'y a plus le problème de SDF qu'on a connu il y a quelques années. Tous les gens qui viennent manger à l'Entraide ont un toit», observe Laurence Pujol, maire adjointe aux affaires sociales et présidente de l'association Aide et accueil en Albigeois.
«Ils n'appellent pas le 115»
Du côté de la préfecture, on a remarqué, depuis janvier, «une dizaine de jeunes entre 17 et 25 ans, qui n'étaient pas là avant et qui restent au kiosque. Ils ne sont pas répertoriés et ils n'appellent pas le 115». Pas la peine, la préfecture en convient, «le taux d'occupation des places d'accueil est proche de 100 %» Autre constat, «la moitié des appels reçus au 115 viennent d'Albi.».
«En ce moment ils sont une dizaine, surtout des hommes seuls avec des chiens, qui préfèrent se regrouper. Ils dorment en centre-ville, au kiosque, à la cathédrale ou à la gare. Quelques-uns disent qu'ils aimeraient bien aller au 115 mais il n'y a pas de place… Ils ne demandent rien de spécial. Ce serait peut-être différent s'il faisait en dessous de zéro», témoigne Aurore, 25 ans, qui depuis 4 ans, deux fois par semaine, participe à la maraude du Samu social.
«Ce n'est pas l'accès au logement qui pose problème, c'est la complexité des situations» explique Philippe Brosset, responsable départemental du 115, en donnant l'exemple d'Henri, 40 ans. «On a fait un gros travail d'accompagnement avec lui ; on l'a hébergé pendant un an et ensuite on l'a relogé dans un HLM. Il est seul, il a ses clés, mais il va dormir dehors avec les autres».
Une volonté politique d'entraide
La ville d'Albi suit les consignes de l'état qui a la compétence en matière d'hébergement d'urgence. En cas de plan grand froid, elle met à disposition une salle chauffée à la Madeleine. Mais au-delà de ses obligations, la ville a depuis longtemps fait le choix politique, plutôt exceptionnel, de la solidarité. L'Entraide, le restaurant du centre communal d'action sociale (impasse Villeneuve) propose, entre autres repas à petit prix, des petits-déjeuners gratuits. Albi est également une des rares villes à disposer encore de douches municipales. Et la commission de secours aux personnes en difficultés consacre 80 000 € par an, notamment pour aider des Albigeois en difficulté à payer leurs factures d'énergie et d'eau.
Repères
Le chiffre : 5
places >d'hébergement d'urgence. Albi dispose de 3 places au Colibri en plus des 24 places en appartement ou en collectif, et de 2 places à la maison des femmes.