De son côté, Edmond Sabatier, peu enclin aux grands discours, préfère, avec l'humilité dont il est coutumier, retenir de ses quinze années une philosophie de départ qui dure et qui maintient cette aide indispensable envers les plus démunis.
«C'est l'esprit de Coluche qui perdure et que les Restos actuels font évoluer avec l'aide à la personne par exemple. Mais j'ai l'âge auquel je peux envisager égoïstement de penser à moi et à d'autres centres d'intérêt.»
Dans les propos de tous les bénévoles revient régulièrement cette charge administrative de plus en plus conséquente et donc contraignante.
Arlette Haymes, la connaît bien, elle qui reste la plus ancienne bénévole avec 25 ans de présence aux Restos , la seule du groupe des 38 bénévoles à avoir connu la première adresse, rue Sœur-Saint-François. «La fonction a énormément évolué. Elle est plus difficile. Les contraintes administratives sont envahissantes. Il faut de plus en plus de rigueur!».
Quatre autres bénévoles arrêtent ce printemps et parmi eux, Françoise et Michel Chaduteau qui exerçaient depuis une dizaine d'années. Les Restos continuent bien sûr. «Personne n'est irremplaçable», se permet justement Edmond. En pleine campagne d'été, ils accueillent 68 bénéficiaires et 42 familles. Mais ce sont les chiffres de la campagne d'hier qui interpellent. Pour la première fois, celui des bénéficiaires a baissé. Il est passé de 168 familles à 144. Un recul que personne n'explique.