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Connaissez vous l'offre bancaire pour ménages en difficulté ?

Publié le 29 juin 2017

 

L'offre bancaire spécifique pour les personnes fragiles financièrement peine à décoller. Trois ans après son lancement, seuls 10 % des Français éligibles en bénéficient.

Une offre bancaire spécifique pour les personnes précaires

Depuis la fin de l'année 2014, les 2,4 millions de ménages français en situation de précarité financière peuvent avoir accès à une offre bancaire spécifique qui propose des services de base à tarifs réduits. Pour 3 € par mois, ils peuvent ainsi bénéficier d'un compte courant, d'une carte bancaire à débit immédiat, de deux chèques de banque par mois, de RIB, d'un service en ligne et de frais de dépassement de découvert moins élevés.

Le dispositif prévoit queles établissements bancaires détectent les clients en situation de fragilité financière et leur proposent par écrit cette offre spécifique. Pour déterminer les clients éligibles, les banques se basent sur plusieurs critères : irrégularités de fonctionnement des comptes, incidents de paiement réguliers, montant des ressources au crédit des comptes.

Une offre qui peine à décoller

En dépit des avantages qu'il présente pour les personnes fragiles financièrement, ce dispositif peine à décoller. En effet, d'après le rapport annuel de l'Observatoire de l'inclusion bancaire rendu public lundi 26 juin 2017, seules 260 000 personnes en situation de précarité profitent de cette offre bancaire spécifique, ce qui représente environ 10 % des personnes éligibles.

Et pourtant, ceux qui ont des difficultés financières auraient tout intérêt à souscrire à cette offre, notamment parce qu'elle limite les frais liés aux dépassements de découvert. En effet, les personnes en situation précaires paient en moyenne 182 € par an en frais de dépassement de découvert, contre une moyenne nationale de 60 € (chiffre tiré d'une étude réalisée par le comparateur Panorabanques).

Alors pourquoi cette offre peine-t-elle à séduire ? Plusieurs raisons sont invoquées dans le rapport de l'Observatoire de l'inclusion bancaire : nouveauté du dispositif, courriers des banques pas assez explicites, absence de suivi par les établissements bancaires, crainte des clients d'être « stigmatisés » s'ils bénéficient de cette offre...