Publié le 27 mai 2026
Au Relais de Montans, une trentaine de licenciements ont été annoncés par Cités Caritas. Salariés et syndicats dénoncent une décision menaçant un dispositif social historique du Tarn, qui accompagne depuis plus de quarante ans des personnes en grande précarité.
Le choc est brutal pour les salariés du Relais de Montans. Lors d'un comité social et économique (CSE) organisé vendredi dernier, la direction de l'association Cités Caritas a annoncé un plan de licenciement concernant une trentaine de salariés du site tarnais. Une décision qui ravive les craintes exprimées depuis plusieurs mois par les personnels, déjà mobilisés contre une possible fermeture ou une forte réduction des activités de la structure.
Un dispositif d'accompagnement implanté depuis plus de quarante ans
Installé à Montans depuis 1983, le Relais accueille des personnes en grande précarité : personnes sans domicile, publics souffrant d'addictions, troubles psychiques ou lourds problèmes de santé, demandeurs d'asile ou personnes en situation d'exclusion sociale. Au fil des décennies, la structure a développé un modèle d'accueil " sans condition ", fondé sur la reconstruction du lien social et un accompagnement progressif vers les soins, le logement ou l'insertion.
Une centaine de personnes ne seraient plus accompagnées
Autour de plusieurs dispositifs – hébergement d'urgence, Lits Halte Soins Santé (LHSS), pension de famille, chantier d'insertion ou encore accueil de demandeurs d'asile – le Relais joue un rôle central dans le département. Les salariés soulignent notamment son action pour éviter des situations de rue, limiter les ruptures de soins ou encore prévenir des hospitalisations évitables. " C'est plus d'une centaine de personnes accompagnées qui, en conséquence, ne le seraient plus ", déplore G., salarié du Relais de Montans. " Un savoir-faire et une expérience qui ont accompagné plusieurs centaines de personnes sont balayés en un rien de temps lors d'une réunion à Paris. "
Des conséquences redoutées sur tout le territoire
Selon les représentants du personnel, seuls les salariés affectés à l'accompagnement des demandeurs d'asile dans le cadre du CADA ne seraient pas concernés par le plan social. Mais ces derniers pourraient se retrouver assez vite " sans direction, sans service administratif ni personnel de maintenance ", alertent-ils.
Pour les syndicats, la réduction des activités du Relais aurait des répercussions bien au-delà du site de Montans. Dans un contexte marqué par la hausse de la précarité, les difficultés d'accès aux soins et les tensions sur le logement, ils redoutent une aggravation des situations d'urgence sociale dans le Tarn.
Les syndicats dénoncent une “liquidation” organisée
Depuis plusieurs semaines, les salariés dénoncent également le manque de communication de la direction de Cités Caritas, accusée d'entretenir "un climat d'incertitude et d'angoisse". Les syndicats vont plus loin et estiment que l'association profiterait des problèmes de bâtiment révélés par une expertise signalant un risque d'effondrement pour accélérer la fermeture du site.
" C'est incompréhensible de la part d'une association comme Cités Caritas, dont l'objectif affiché est la lutte contre la précarité et dont le slogan est “Croire en chacun et agir pour tous” ", regrette Jean, citoyen engagé dans l'action sociale et les droits humains.
Les représentants du personnel accusent ainsi la direction de privilégier une " liquidation " du Relais plutôt que d'engager les travaux nécessaires à la poursuite des activités.
Une nouvelle mobilisation en préparation
Après plusieurs rassemblements ayant réuni plus de 150 personnes ces dernières semaines devant l'établissement, salariés et syndicats annoncent déjà une nouvelle mobilisation dans les prochains jours. Ils appellent les pouvoirs publics et les partenaires locaux à soutenir le maintien de la structure.
Une demande de rendez-vous a également été adressée au préfet afin d'alerter l'État sur les conséquences sociales et sanitaires d'une fermeture ou d'un démantèlement du Relais.
Publié le 26/05/2026 par le Tarn Libre